Pendant des décennies, l'école classique de l'économie a fonctionné sous une douce illusion : le monde était un mécanisme d'horlogerie régi par des probabilités mathématiques prévisibles. John Maynard Keynes a brisé cette paix, affirmant que les économistes se comportaient comme des « Candides »—ces optimistes fictifs qui enseignaient que « tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles » tout en ignorant les tempêtes qui se préparaient à l'horizon.
La mort du bocal
Dans la vision classique, le risque est modélisé par le bocal de Jacob Bernoulli. Si nous tirons assez de pierres, nous pouvons déduire les proportions de noires et de blanches. Mais Keynes soutenait que les décisions du monde réel — comme la perspective d'une guerre ou le prix du cuivre dans vingt ans — n'offrent pas un tel bocal. Pour ces événements uniques, motivés par l'humain, il n'existe aucune base scientifique pour former une probabilité mathématique. Comme l'a dit Keynes de façon célèbre : « Nous ne savons tout simplement pas ! »
- L'erreur du laissez-faire : La croyance que les marchés s'autorégulent repose sur l'hypothèse que les agents peuvent calculer tous les risques futurs parfaitement.
- L'incertitude radicale : Un état où la structure même du futur est informe, rendant les statistiques fréquentistes inutiles.
- L'intention stratégique : Contrairement à une pierre aléatoire dans un bocal, les acteurs humains ont des intentions. L'élément le plus volatil en économie n'est pas le bruit ambiant, mais les choix cachés des autres.